Vivre à Franconville

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Le maire favorable à l'extension de la carrière

La gazette, 21 juin 2016

Reste la question de la bretelle d'accès à l'A15 pour les camions qui assurent le remblaiement. Une question qui doit se discuter entre l'exploitant, l'Etat et les maires.

Une nouvelle association et deux nouvelles pétitions ! La demande d’extension de la carrière de gypse de Cormeilles, par Placoplatre, filiale de Saint-Gobain, est loin d’être un long fleuve tranquille. En souterrain et sur 160 hectares, sous la butte boisée du Parisis, la carrière s’étendrait en grande partie sur Franconville, qui a donné un avis défavorable.

Haro sur les camions

Une première pétition avait été lancée par l’association des Amis du fort. Adressée au préfet, celle-ci, signée par plus de 1 000 personnes, mettait en avant le risque « d’effondrement de certaines parties de notre fort ». Une crainte balayée par la mairie et l’exploitant.

La seconde pétition a été lancée par l’opposition de Franconville : « 400 camions par jour à Franconville pendant 20 ans, pour nous c’est non ». Le texte appelle « la société Placoplatre et les élus du secteur à prendre leurs responsabilités en renouant le dialogue, afin d’assurer le financement de cette bretelle d’accès ». Pour le secrétaire d’État aux transports, ce projet devra être « à la charge de l’exploitant : aucune participation ne sera apportée par l’État ».

« En 2013, rappelle Yannick Boëdec, maire (Lr) de Cormeilles et conseiller départemental, il y a eu un accord unanime des maires de Montigny, Sannois, Argenteuil, Cormeilles et Franconville pour réclamer cette bretelle. La question est de savoir qui paie. Pour nous, c’est à Placoplatre de payer, en totalité. Que des villes ou une agglomération financent une bretelle d’autoroute, ça me semble curieux et même limite sur le plan légal.»

Déchets du Grand Paris

Selon le président de l’agglo Val Parisis, il serait logique que la société du Grand Paris participe, « sachant que les déblais proviendront de chantiers du Grand Paris.» Le sujet sera au coeur des discussions, ces jours prochains, en préfecture.

Sur l’aspect environnemental, une nouvelle association, de défense de la butte du Parisis dénonce les conséquences sur les habitations des tirs de mines près d’une zone fortement urbanisée, les risques de fontis, la dévaluation de l’immobilier cormeillais « d’environ 30% », les centaines de camions de remblais…

Les accusations font bondir Yannick Boëdec. « La carrière existe depuis 1822, on semble le découvrir. Dire que les maisons vont tomber c’est une absurdité. Il n’y aura pas d’exploitation sous les habitations. À ce que je sache, en forêt de Montmorency, où le même type d’exploitation se fait, ni le château de la Chasse ni la forêt ne se sont effondrés. »

Les fontis, l’élu reconnaît leur présence, dus selon lui davantage à des phénomènes naturels liés à la présence du gypse. « Les associations environnementales, comme les Amis de la Terre ou Val-d’Oise environnement, qu’on ne peut pas soupçonner d’être proches des élus, ont donné leur accord. Nous sommes autant attachés au fort que l’association. Des études ont été faites et montrent qu’il n’y aura pas de conséquence ».

Un point de vue que ne partage pas du tout l’association des Amis du fort.

Mémorandum

Le maire de Cormeilles, favorable au projet, s’étonne de cette polémique. « Dès 2011, nous avons donné notre accord pour la poursuite de l’exploitation, sur la parcelle dont on est propriétaire, le centre de loisirs. On s’émeut des camions, en oubliant qu’aujourd’hui ils passent dans Cormeilles et Argenteuil par la Rd 392. Ce sont les villes qui ont demandé à ce que le remblaiement soit repoussé à 2036 au lieu de 2029, pour en limiter le nombre. 700 poids lourds par jour, ce n’était pas possible. On a accepté que la butte ne soit remblayée qu’à 80 %. Il faut aussi se rappeler qu’il y a 250 emplois à l’usine de Cormeilles et 400 emplois induits ».

L’exploitation étant en partie sur son territoire communal, la ville de Cormeilles touchera 850 000 euros de Placoplatre. « Une partie a déjà été versée. Ce n’est pas ça qui va régler notre budget ».

L’enquête publique est achevée. Les Amis du fort ont déposé un mémorandum, rédigé par le célèbre cabinet d’avocats Huglo-Lepage, au président de la commission d’enquête.

Un rapport qui dénonce le « caractère incomplet et insuffisant » du dossier et demande au commissaire d’émettre un avis défavorable.


Voir aussi

Franconville : chaude ambiance lors du débat budgétaire !

La gazette, 21 février 2018 Chaude ambiance lors du conseil municipal le 15 février ! Un conseil qui a démarré par une polémique sur un pouvoir donné par un élu lors du conseil municipal du 21...

Lire la suite

Franconville : la salle de spectacle derrière Ikea ne verra pas le jour

Le Parisien, 12 décembre 2017 Franconville. La ville va vendre le terrain de l’ancienne usine des eaux Cristaline à Bouygues en vue de construire un ensemble de 190 appartements. Le conseil municipal...

Lire la suite